ven 3 sep 2010

La place Meiser, Symptôme de la problématique de la mobilité bruxelloise

03 09 2010

La ministre Grouwels a récemment annoncé l'abandon du projet de tunnel routier sous le carrefour Meiser et ce, pour des raisons budgétaires. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer une démission du Gouvernement face à la situation catastrophique que connaît ce quartier. Pour le Groupe Ecolo du Parlement bruxellois, le cas de la place Meiser est symptomatique de la problématique de la mobilité bruxelloise. Il faut refaire de la place Meiser un espace public de qualité, mais dans une perspective de développement durable et sans retomber dans les travers de la « bruxellisation ».

Ceux qui croient que la construction d'un tunnel routier sous Meiser résoudrait les problèmes de mobilité se trompent. On sait en effet que les tunnels routiers, comme les parkings souterrains, fonctionnent comme des « aspirateurs à voitures ». Les voitures individuelles disparaissent localement de la surface, mais elles sont toujours bien là, et de plus en plus nombreuses, coûteuses, polluantes, productrices de gaz à effet de serre, dévoreuses d'espace, d'énergie et de ressources naturelles. Plus on leur offrira de facilités en ville, plus on favorisera leur usage au détriment des modes de transport durables.

Dans les années 50 et 60, on a multiplié les tunnels et viaducs. Le résultat est qu'aujourd'hui, Bruxelles est la ville la plus congestionnée d'Europe. La construction d'un nouveau tunnel sous Meiser nous ramènerait à cette ère de la « bruxellisation ». Or le Gouvernement régional s'est aujourd'hui fixé pour objectif de réduire de 20% le volume du trafic automobile dans Bruxelles.

Pour l'heure, l'hypothèse d'un nouveau tunnel routier sous Meiser semble écartée. Non pas au nom d'une vision durable de la ville et de la mobilité mais pour de simples raisons budgétaires. La réalisation de ce tunnel coûterait en effet 200 M€, soit l'équivalent de 2 ans du budget pour l'amélioration de la vitesse commerciale des transports en commun. Il ne faudrait cependant pas que l'impasse budgétaire serve d'alibi pour abandonner le quartier Meiser à son triste sort. Il faut résoudre le problème, mais sans l'enterrer.

Une véritable solution au problème de la place Meiser passe avant tout par une réduction drastique du volume de trafic à cet endroit. On parle depuis longtemps de diverses mesures en ce sens; des études ont été entreprises mais elles n'ont, à ce jour, débouché sur rien de concret : réduction du nombre de bandes de l'autoroute de Louvain dès l'entrée en région bruxelloise; réduction du gabarit et réaménagement plus urbain des boulevards Lambermont et Wahis; démontage du viaduc Reyers et réaménagement de ce boulevard; réaménagement de la chaussée de Louvain entre Dailly et Meiser.

Le recalibrage des voiries adjacentes à la place peut se faire assez rapidement et à peu de frais, ne fût-ce que par des aménagements provisoires. Ce type de mesure s'inscrit pleinement dans le cadre des objectifs de mobilité que le Gouvernement bruxellois s'est fixé.

Avec 20% de voitures en moins sur la place Meiser, il devrait être possible de recréer à moindres frais un espace public de qualité qui offre une meilleure place aux modes de déplacement doux (marche et vélo) et aux transports en commun, tout en permettant une circulation automobile plus sécurisée et plus fluide.

Pour redonner un visage urbain à la place Meiser, comme à d'autres espaces publics bruxellois, pas besoin de grands travaux d'infrastructure ni de moyens financiers gigantesques, surtout pas. Il faut avant tout une vision ambitieuse de la ville et du courage politique.

La député régionale Ecolo, Céline Delforge, interpellera à ce sujet la Ministre Brigitte Grouwels dès la rentrée parlementaire.

Céline DELFORGE, Députée

3 commentaires à La place Meiser, Symptôme de la problématique de la mobilité bruxelloise

10 09 2010
Alexandre :

Ca va venir, avec la lente mais inexorable émigration des affaires vers la périphérie flamande, suite aux politiques "économiques" (hum) de la RB, il y aura de moins en moins de voitures à Bruxelles. Mais autant plus de chômeurs. Ceux-ci n'ont pas tout le temps une voiture, mais quand ils en ont une, c'est souvent une vieille récup qui pollue. Zut alors.

29 10 2010
René Vande Maele :

La question a été abordée dans cette étude :


meiser-place.blogspot.com...

L'auteur a été entendu par le groupe de travail créé à ce sujet au sein du ministère de la région de Bruxelles-capitale. La ministre en a manifestement tenu compte.

01 07 2011
mathieu :

désolé céline : je ne suis toujours pas convaincu par votre argumentation. Votre argumentation aurait été valable pour dénoncer de l'affreux projet d'élargissement du RING de bxl (2007); mais je ne suis pas sûr qu'il soit valable dans ce cas-ci. Je ne parviens pas à comprendre pourquoi il faudrait renoncer (dans ce cas précis) à fluidifier le trafic automobile. Est-il nécessairement contradictoire à vouloir à la fois développer une ville accueillante aux piétons et aux cyclistes... et à vouloir dans le même temps fludifier son trafic auto ? Bruxelles est la ville la plus embouteillée d'Europe: faut-il renoncer à fluidifier le trafic automobile simplement parce que l'on souhaite le voir diminuer? Moi aussi je souhaite le voir diminuer ce trafic automobile, mais je ne crois pas que ce soit en paralysant nos avenues que l'on parviendra à dissuader ses indécrottables détenteurs de cartes-essence de renoncer à leurs absurdes comportements de mobilité. Les laisser dans leurs m***e, c'est pas les inciter, c'est les forcer à nous faire suffoquer.

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