mar 12 mai 2009
Le panneau publicitaire is watching you
12 05 2009
Des panneaux publicitaires qui détectent et analysent vos réactions lorsque vous les croisez ? Des panneaux qui enregistrent des informations vous concernant et vous envoyant un message publicitaire ciblé par SMS ? Ce n’est pas de la (mauvaise) science-fiction puisque le Métro parisien est un train d’installer ce type de panneaux publicitaires qui donnent froid dans le dos. La STIB envisage-t-elle de s’équiper de telles monstruosités ? Quelles sont les limites fixées, si elles existent, face à cette évolution technologique mise au service du cancer publicitaire ? Une question à Pascal Smet en commission infrastructure du 1er avril 2009
M. le président.- La parole est à Mme Delforge.
Mme Céline Delforge.- Le métro parisien est actuellement en cours d'équipement de panneaux publicitaires numériques qui ciblent les usagers des transports en commun de façon personnalisée.
En effet, ces panneaux visent, selon la RATP, à ce que les "voyageurs mobiles passent d'un univers (station de métro, bus, tramway...) à un autre sans rupture" et que "la publicité les accompagne tout au long de leurs parcours", car "dans ces univers clos, mais ouverts sur la ville, le voyageur est plus attentif et plus disponible pour recevoir les messages publicitaires". C'est le cauchemar!
Concrètement, cela signifie des panneaux numériques derrière lesquels sont installées des caméras qui permettent de mesurer le nombre de personnes qui passent, d'analyser leurs réactions afin de détecter quel élément de l'image a retenu leur attention, et également de donner des informations sur l'âge et le sexe des passants réceptifs à chaque campagne. Par ailleurs, ces écrans sont équipés de la technologie Bluetooth et sont capables d'envoyer des messages publicitaires sur les téléphones portables.
En gros, il s'agit d'une vidéosurveillance à des fins publicitaires, et les usagers des transports en commun deviennent des rats de laboratoire pour publicitaires sans qu'on leur demande leur avis. Par ailleurs, l'usage du Bluetooth soulève la question du rayonnement électromagnétique auquel sont soumis les voyageurs. Des panneaux utilisant cette technologie ont déjà été utilisés dans les abribus de la station Trône, lesquels, je sais, ne dépendent pas de vous.
Pouvez-vous me dire si des panneaux tels que ceux que tente - en effet, le débat est particulièrement vif en France - d'imposer à ses usagers la RATP sont susceptibles d'être autorisés dans les infrastructures de la STIB ?
La STIB a-t-elle déjà été sollicitée pour l'installation de tels panneaux ? Des panneaux utilisant une technologie particulière - Bluetooth, mais aussi diffusion de parfums synthétiques, par ailleurs très dangereux pour les allergiques et les asthmatiques, etc. – ont-ils déjà été utilisés sur le réseau de la STIB ?
Quelles limites la STIB fixe-t-elle aux fonctionnalités des panneaux publicitaires présents dans ses infrastructures ?
M. le président.- La parole est à M. Smet.
M. Pascal Smet, ministre.- En Belgique, des campagnes publicitaires munies de panneaux interactifs ont déjà eu lieu, notamment dans les gares SNCB, ainsi qu'à l'aéroport. La STIB, pour sa part, n'a jamais autorisé sur son réseau l'utilisation des technologies auxquelles vous faites allusion.
L'expérience menée dans les abribus de la rue du Trône a été menée indépendamment de la STIB. Je vous rappelle en effet que la gestion des abribus du réseau de surface est du ressort des communes et non de la STIB, qui vient seulement d'entamer - non sans problèmes - le processus de réappropriation des arrêts tel que le prévoit le nouveau contrat de gestion.
Bien que ClearChannel - partenaire de la STIB au sein de sa filiale publicitaire MTB, qui gère les espaces publicitaires du réseau souterrain, ait déjà été sollicité pour l'installation de panneaux d'affichage équipés de systèmes permettant d'analyser le comportement des passants et ce, afin de pouvoir leur envoyer des messages publicitaires personnalisés, il n'entre pas dans ses intentions d'implanter ou d'exploiter ce type de panneaux.
Lors de vos précédentes questions sur la publicité à la STIB, j'ai à de multiples reprises eu l'occasion de faire référence à la charte d'éthique publicitaire de la STIB, qui lui permet de garder la maîtrise sur le contenu des messages publicitaires. Je ne reviendrai donc pas sur le contenu de celle-ci.
M. le président.- La parole est à Mme Delforge.
Mme Céline Delforge.- Je suis ravie que la Charte de la STIB lui permette d'interdire ce genre de pratiques. Même si elle interdit aussi la publicité pour les petites voitures de ville, et que sauf à considérer qu'une Ford dont je ne citerai pas le nom n'en est pas une, j'ai déjà vu de la publicité contraire à la Charte de la STIB dans les stations de métro.
C'est un peu extreme de penser que le bluetooth est nocif. Il émet vraiment rien comparé au signaux wifi auxquels nous sommes constamment exposés sans parler des signaux GSM!
Pour ce qui est de la reception de messages publicitaires, ca reste le choix de l'utilisateur de le recevoir. En effet, il doit confirmer la reception du message et peut meme en bloquer la reception ou couper le bluetooth. La reception de messages SMS se fait uniquement si l'usager a donné son numéro auparavant. Dans ce cas, qu'il assument plutot que de raler sur cette n-ième invasion publicitaire...
Bonjour Céline,
J'ai vu que vous étiez au procés de Bahar, j'espère que vous nous ferez un petit article sur le sujet. Parce que cela fait très longtemps que cette histoire dure et il faut bien le dire, ses défenseurs sont partials et ne disent pas toute la vérité. Du coup, je dois dire que j'ai du mal à me faire une opinion là-dessus. Je ne crois pas que Bahar soit un terroriste, mais j'aimerais savoir ce qu'il pense, par exemple, des meurtres revendiqués par son organisation en Turquie, ainsi que votre avis là-dessus.
Ce que je veux dire, c'est que la presse n'ose pas s'avancer et bien expliquer le sujet. D'autre part, Leclea est trop influencé par sa propre idéologie que pour émettre un avis impartial. Par exemple, je me souviens qu'à l'époque, malgré la très nombreuse documentation présente sur leur site, il n'y avait pas de traces du fameux tract traduit par Bahar et qui était quand-même la pièce centrale du dossier à l'époque (je ne sais pas si c'est encore le cas).
Merci, bonne journée.
PS: désolé pour le post HS, mais c'est plus facile pour communiquer.
Ils peuvent bien imaginer toutes les technologies du monde pour me tirer un rond de la poche, ils y arriveront pas: j'en ai plus!
La question est combien est-ce que cette pub rapporte à la ville and co et comment, si on veut la deleter, trouver 1) un financement alternatif et 2) une utilité publique à ces espaces (moi je propose des blagues, mais bon).
A part ça, pourquoi ne pas imaginer une charte, un règlement communal, qui permettrait de faire office de réel Bureau de Vérification de la Publicité (l'existant étant lui même sponsorisé par les grands annonceurs).
Rien que sur base du Code de Commerce, on pourrait en supprimer des tonnes.
Bref, il y a beaucoup d'idées à exploiter dans ce domaine, bonne chance.
ps: cool l'interview au Pan. Du punk au parlement, voilà ce qu'il faut