jeu 27 nov 2008

Paroles de masculinistes: la Région ne doit plus tomber dans le panneau

27 11 2008

En octobre dernier, un congrès international « Paroles d’Hommes » de la mouvance dite « masculiniste » (selon laquelle le féminisme dominerait nos sociétés et opprimerait les hommes…) s’est tenu à Bruxelles. Présentée sous une apparence anodine afin de bénéficier de subsides officiels, cette activité à donné une tribune à des individus qui remettent en question les droits des femmes durement acquis et qui nient ou relativisent l’existence de leur oppression (bien réelle celle-là…). Une question orale en commission des finances du 03 novembre à la secrétaire d’Etat Brigitte Grouwels sur le soutien apporté par la Région bruxelloise à cette activité douteuse.

M. le président.- La parole est à Mme Delforge.

Mme Céline Delforge.- Les 17 et 18 octobre dernier, un congrès international intitulé «Hommes: état des lieux », était organisé à Bruxelles par l'association belge « Relais-hommes » et le réseau international « Paroles d'Hommes ». Cette activité jouit, entre autres, du soutien officiel de la Région de Bruxelles-Capitale.

Le but de ce congrès consiste, selon ses organisateurs, à mener une réflexion sur la « place des hommes dans la société, dans la famille et dans le couple ». Derrière ces objectifs d'apparence anodine et consensuelle, les principaux organisateurs et orateurs tiennent pourtant un tout autre langage, très éloigné de l'harmonie entre les hommes et les femmes qu'ils prétendent souhaiter.

Dans la présentation du précédent Congrès « Paroles d'Hommes» qui s'est tenu à Montréal en 2005, on pouvait lire : « Depuis l'avènement du mouvement féministe, on constate que les attaques contre les hommes se sont multipliées et que la virulence de ces attaques a atteint des proportions inouïes (...) pour les féministes, l'homme représente l'ennemi à abattre ou l'animal à dresser. »

Dans les Actes du 1er congrès « Paroles d'Hommes » qui s'est tenu à Genève en 2003, on trouve ceci : « Des hommes et des femmes reprennent la parole pour dénoncer les exagérations d'un mouvement au départ légitime mais qui est actuellement en train de créer de nouvelles injustices : discrimination positive au travail; préjugés favorables aux mères en cas de divorce (...), fausses allégations de violence, d'agression sexuelle ou d'inceste (40% selon certaines études) sans possibilité de poursuite pour diffamation; pensions alimentaires disproportionnées; forte hausse du décrochage scolaire des garçons.»

Parmi les animateurs de ce courant de pensée, qui se définit comme « hoministe », M. Yvon Dallaire, sexologue québecquois, intervenant à Bruxelles, a fait une communication sur le thème « L'hominisme s'oppose-t-il au féminisme ? ».

L'un de ses ouvrages s'intitule « La violence faite aux hommes, une réalité taboue et complexe», dont on peut lire sur son site internet la présentation suivante : « M. Dallaire nous présente des faits surprenants, presque incroyables à première vue, démontrant que la prévalence de laviolence féminine est égale à celle de l'homme. On y apprend même que certains types de violence se retrouvent davantage du côté des femmes, comme celle qui se pratique envers les enfants. »

Dans un autre de ses livres, « Fier d'être un homme », M. Dallaire évoque la question des violences conjugales en ces termes : « Concernant la violence conjugale, il nous faut une approche sans coupable qui responsabilise les deux protagonistes. Pour se disputer, il faut être deux (...) dans un couple, les deux participent à la dispute »

Dans un texte consacré à « la séduction », il affirme que « Pour séduire, il faut d'abord attirer l'attention. Partout, les femmes vont mettre en valeur leurs charmes physiques, les hommes, leur puissance et leur richesse ; (...) Les hommes paradent, les femmes provoquent. »

M. Serge Ferrand, réalisateur d'un documentaire intitulé "La Machine à broyer les hommes", a parlé au Congrès de Bruxelles sur le thème "Pourquoi la question du masculin ne passe-t-elle pas dans les médias ?" Dans un article sur Internet, cette personne conteste les chiffres de la violence faite aux femmes avec ce commentaire : "Effrayer les gens avec des données extraterrestres dans le but de les rallier à sa cause n'est pas étonnant en soi, c'est une pratique courante. Avant, cela s'appelait de la propagande, maintenant on parle de lobby."

Monsieur Jean Gabard, autre invité de marque du Congrès de Bruxelles, est un auteur français. Il a notamment publié un ouvrage intitulé "Le féminisme et ses dérives. Du mâle dominant au père contesté". Il explique qu'il s'agit d'une "réflexion autour de la mise en place de l'idéologie "féministe" qui, au nom d'une certaine idée de la liberté et de l'égalité, rejette l'idéologie de la société patriarcale traditionnelle, une présentation des dérives de cette nouvelle pensée dominante et de ses conséquences, notamment sur l'éducation des enfants."

Dans un texte publié dans un bulletin du Réseau Hommes Belgique, il se demande : "L'égalitarisme ambiant ne nous amène-t-il pas à un nouveau sexisme ?" Ici, cela devient sérieux. "Ainsi, comme certains le proposent, ne cherche-t-on pas, pour aller à l'unité de sexe, à guérir "l'homme malade" pour en faire un "homme nouveau" ? Ne risque-t-on pas, alors, comme ceux qui recherchaient l'unité de race (les hitlériens) ou l'unité de classe (les staliniens) de verser dans l'utopie totalitaire et la confusion ? Nous n'en sommes pas là, mais avec l'idéalisation de l'humain androgyne, ne sommes nous pas déjà un peu dans l'indifférence?"

Une autre figure de ce réseau hoministe est M. Goetelen qui a animé un atelier sur le thème "Retrouver l'estime de soi après une rupture ou un divorce". Il a notamment écrit ceci dans son bulletin électronique : "On sait qu'aujourd'hui une femme ou une mère qui accuse un homme de viol ou d'abus est crue a priori. (...) La victimisation féministe est l'arme de destruction massive d'une certaine mouvance pour abattre les hommes, les émasculer moralement. (...) La démolition du masculin est aussi alimentée par les études de genre, (une) escroquerie intellectuelle. (...) Même des hommes de talent, comme le sociologue idéologue Bourdieu, se sont laissé piéger. A moins qu'ils n'en aient eu quelques bénéfices sous forme de coucheries car on sait qu'encenser une femme est une des armes de la drague la plus grossière et la plus méprisante de celle que l'on convoite."

Sur son blog, il réagit aux protestations des féministes quant à l'organisation de ce colloque en ces termes : "A peine le 3e congrès "Paroles d'hommes" est-il annoncé que les talibanes du féminisme haussent le ton. (...) Les féministes radicales, les brigades rouges du discours dominant, vont-elles encore semer la haine impunément ? (... ) Combien de psychopathes, de staliniennes et de professionnelles de la haine comptez-vous dans vos rangs ? (...) Par la force de notre vérité, nous vous arrêterons avant que notre monde ne soit contaminé entièrement par votre poison idéologique. Avant qu'il ne soit à votre botte - botte dont le modèle est repris de vos copines nazies qui gazaient des juifs il y a soixante-cinq ans dans les camps de concentration.

Le monde doit savoir qui vous êtes vraiment, et ce qu'est devenu le féminisme. Il y a eu beaucoup de dégâts à cause de vous. Il faut maintenant construire une société post-féministe (...) Vade retro, talibanes."

Mme la secrétaire d'Etat peut-elle m'expliquer le support financier et la reconnaissance via son logo que la Région apporte à ce congrès ? Le programme du gouvernement stipule que "laRégion veillera à promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes à travers l'ensemble de ses politiques". Comment se fait-il que notre Région se trouve associée à une activité organisée par des gens qui tiennent des propos aussi hargneux et rétrogrades à l'égard des femmes et qui dénaturent de manière aussi caricaturale leur nécessaire combat? De nombreuses études de genre, que je ne doute pas que la Région finance également, sont également remises en cause ici.

M. le président.- La parole est à Mme Grouwels.

Mme Brigitte Grouwels, secrétaire d'Etat.- Je vais faire le point sur le subventionnement du colloque "Relais Hommes" organisé à Bruxelles dans le cadre de la politique de l'égalité des chances.

Mes services ont reçu une demande de subside en avril 2008. Le dossier en question concernait un congrès international qui devait se tenir à Bruxelles sous le titre "Hommes, état des lieux : ressources et besoins". L'initiateur du projet était l'asbl "Relais Hommes" dont le président siège au conseil pour l'Egalité des Chances entre hommes et femmes de la Région wallonne. Le projet bénéficiait déjà du soutien de l'Institut fédéral pour l'Egalité entre hommes et femmes, qui en était même le sponsor principal, et dans les locaux duquel allait se tenir la première journée du congrès.

Mes services ont étudié le dossier dont il ressortait que le programme aborderait différents aspects de la position et du rôle des hommes dans une société qui aspire à l'égalité des chances entre hommes et femmes. La liste des orateurs était assez diversifiée. Vous comprendrez que, pour évaluer le subventionnement d'un dossier lié à la tenue d'une conférence, mes services ne peuvent vérifier systématiquement les antécédents ou les écrits de chaque orateur prévu. Et ce fut le cas ici aussi. Il convient de remarquer, par ailleurs, que certaines organisations de terrain avec lesquelles nous étions familiers dans le cadre de la politique bruxelloise d'égalité des chances collaboraient également au colloque. Je cite à titre d'exemple l'asbl "Praxis", qui est active dans le domaine de la violence entre partenaires.

Sur la base du dossier introduit - qui était irréprochable et qui cadrait parfaitement avec la politique de l'Egalité des chances - il a été décidé en juin 2008 d'accorder un subside de 3.000 euros.

Je constate à présent que d'autres autorités ont fait de même, qu'il s'agisse de la Région wallonne, de la Communauté française ou de la Province du Brabant wallon.

Le congrès a, en effet, donné lieu à diverses contestations. La nouvelle organisation "VAMOS", en particulier, allait saisir l'occasion pour partir en guerre contre le "masculinisme". Je constate, pour ma part, que vous-même, Mme Delforge, vous vous faites le porte-parole des critiques de "VAMOS", sans pour autant aborder le programme de l'événement en question, hormis le fait que vous le qualifiez d' "anodin et consensuel". Nous pouvons être d'accord à cet égard.

La contestation repose uniquement sur le fait que certains orateurs du congrès sont étiquetés comme appartenant à la mouvance "masculiniste", et ce sur la base d'écrits ou de discours antérieurs. Nulle part, il n'est question que quelque chose dans le programme du congrès porterait atteinte aux femmes ou à l'égalité entre hommes et femmes, que ce soit de manière explicite ou implicite.

Je ne vois dès lors aucune raison de remettre en cause le subside accordé, à plus forte raison quand je n'ai reçu aucun écho négatif sur les propos qui ont été tenus durant le colloque. Bien entendu, nous restons ouverts aux critiques.

M. le président.- La parole est à Mme Delforge.

Mme Céline Delforge.- J'en conviens : vos services n'ont pas eu l'opportunité d'approfondir des recherches sur ce point. Il importe néanmoins que la Région bruxelloise cesse de soutenir ce genre de colloque.

Il s'avère que certains ateliers évoquaient le fait que la mysandrie, le contraire de la mysoginie, prédominerait dans les sociétés occidentales. On y remettait en question les études comparatives entre les sexes paraissant notamment dans les médias sur les salaires, la violence, les tâches domestiques, avec leurs conséquences négatives stigmatisant les "bons" et les "mauvais". Par ailleurs, on remettait en cause également l'existence du "plafond de verre", les femmes, plus naïves, n'ayant pas la même capacité que les hommes à négocier avec leur patron. Par ailleurs, si un homme jouit d'un salaire supérieur à celui des femmes, cela bénéficierait néanmoins à son épouse...

Sur la base de ces divagations évoquées dans le cadre de ce colloque, je souhaiterais qu'à l'avenir la Région n'apporte plus son soutien à ce type d'événement.

6 commentaires à Paroles de masculinistes: la Région ne doit plus tomber dans le panneau

11 01 2009
jean gabard :

Je suis assez étonné que des personnes qui luttent à juste titre contre les discriminations et qui veulent défendre la démocratie emploient parfois des méthodes qui ressemblent trop à des méthodes staliniennes. Celles-ci consistent à condamner un livre (et même un auteur) pour propos réactionnaires en ne l’ayant que feuilleté ou en ayant regardé que le titre. Ensuite, parce qu’on l’a condamné, on le met à l’écart et on évite ainsi le débat (pourtant nécessaire sur un sujet où personne ne peut prétendre détenir la vérité).
Si j’admets tout à fait que l’on puisse ne pas partager mes opinions, j’apprécierais que l’on fasse preuve d’un plus grand esprit d’ouverture et de dialogue. De plus, en agissant ainsi, ne me donnent-on pas raison quand je dénonce le fait qu'une vision du monde que j’appelle « féministe » (elle s’est opposée de façon radicale à la société patriarcale traditionnelle tyrannique et machiste et nous a amené la démocratie), a tendance à devenir, aujourd’hui, chez certains, une idéologie « féministe » qui connaît des dérives ? En effet, le propre d’une idéologie n’est-il pas de ne pas concevoir qu’elle puisse connaître des dérives et de ne pas supporter que l’on puisse avoir une position différente ? N’est-ce pas déjà une dérive ?
Mon essai n’est pas polémique mais invite à la réflexion. Le titre : « Le féminisme et ses dérives » peut, certes, faire réagir et induire en erreur un lecteur trop pressé. Celui-ci croira peut-être trouver dans l’ouvrage des propos réactionnaires.
Pourtant, le sous-titre du livre : « du mâle dominant au père contesté » et le titre de la dernière partie : « changer de direction sans retour en arrière », paraissent assez explicites. Si réagir contre des dérives signifie être réactionnaire, je suis réactionnaire comme je l’espère beaucoup le sont.
Mais il me semble qu’être réactionnaire c’est réagir contre des mesures progressistes pour revenir en arrière à des méthodes qui ne sont pas démocratiques.
Dans mon essai j’examine des dérives afin d’essayer de les éviter et pouvoir aller de l’avant.
Est-il réactionnaire (ou peut-être trop utopique) de croire qu’après la crise de société que nous traversons et que l’on peut assimiler à une crise d’adolescence, l’humanité puisse avoir le projet de cheminer vers un monde plus adulte ?

Jean GABARD auteur de : « Le féminisme et ses dérives. Du mâle dominant au père contesté ». (Les Editions de Paris, mai 2006.)
www.jeangabard.com
blogdejeangabard.hautetfo...
jean.gabard@gmail.com


13 01 2009
jean gabard :

... en 15 mn il est difficile de faire dans la nuance. Mais reconnaissez aussi que ceux qui me critiquent ne font pas non plus dans la nuance ! D’abord en s’en prenant à ma personne avant de critiquer mes écrits. Comment d’ailleurs pourraient-ils les critiquer, puisqu’apparemment ils ne les ont pas lus ! Et quand ils les ont lus, apparemment ils ne les ont pas compris. En effet qu’y a-t-il de réactionnaire et de misogyne dans les extraits collés sur les affiches avec ma photo ? Je vous les rappelle : « Jean Gabard, auteur français, se demande: «Les hommes et les femmes recherchant cette égalité/indifférenciation de sexe, ne seraient-ils pas à la fois responsables et victimes d'une idéologie égalitariste utopiste qui nie la différence des sexes ? (…) L'égalitarisme ambiant ne nous amène-t-il pas à un nouveau sexisme ? (…) Ne risque-t-on pas, alors, comme ceux qui recherchaient l’unité de race (les hitlériens) ou l’unité de classe (les staliniens) de verser dans l’utopie totalitaire et la confusion ? » (Un féminisme qui nie la différence des sexes, commentaire posté en février 2008 sur le blog«Parents & Enfants» du journal chrétien «La Croix» sur blog.parents-enfants.fr/)... (ce sont des extraits de l’article « La différence des sexes » que vous pouvez lire dans mon blog : archives 2006 en bas de page : blogdejeangabard.hautetfo... )
Il ne s’agit d’ailleurs même pas de manque de nuance, mais plutôt de supputations. N’ont-ils pas plutôt « supposé » que tout ce que pouvait écrire l’auteur de « Le féminisme et ses dérives », devait être réactionnaire ? Ce seul titre a dû d’ailleurs les convaincre puisque s’ils avaient lu le sous-titre : « Du mâle dominant au père contesté », ils se seraient aperçus que je dénonçais aussi les mâles dominants ! Mais c’est déjà trop d’émettre une réserve à propos du féminisme !
Et pourquoi donc ? … Le féminisme serait-il la seule vision du monde qui ne connaîtrait pas de dérives ?
Pour ces féministes dont je dénonce l’intégrisme, si les réactionnaires critiquent le féminisme et si Jean Gabard critiquent aussi le féminisme, Jean Gabard est forcément un réactionnaire ! N’est-ce pas la même logique qui faisait dire : « les fascismes critiquent le communisme donc celui qui critique le communisme est un fasciste à enfermer au goulag » ? N’ai-je pas quelques raisons de dénoncer des dérives et même des dérives staliniennes ?

Extrait d'un débat avec Démocrypte sur le site :
www.betapolitique.fr/Ou-e... , que je vous conseille.

20 01 2009
Céline Delforge :
Monsieur Gabbard, Vous avez écrit un livre sur le "féminisme", mais cela n'en fait pas de vous un spécialiste, ni une autorité en la matière tant vous semblez bien mal le connaître. Le féminisme est un mouvement pluriel, traversé de multiples courants et "écoles". Les féministes sont bien assez grandes, et ne s'en privent pas, pour débattre et critiquer leurs positions respectives. Au regard de la situation réelle des femmes aujourd'hui, où nous sommes loin, bien loin de l'égalité, parler comme vous le faites des "dérives" du féminisme ou faire des comparaisons outrancières et diffamatoires qui mettent en parallèle la recherche de l'égalité de sexes d'une part et le nazisme et le stalinisme d'autre part n'est pas précisément faire preuve d'un esprit très progressiste. Alors qu'il y a encore tant à faire pour le combat des femmes, écrire, comme vous le faites, que "l’égalitarisme ambiant ne nous amène-t-il pas à un nouveau sexisme?" relève au mieux du surréalisme, au pire d'une stratégie consciente. Egalitarisme ambiant? Les chiffres et la réalité des femmes ne montrent pas particulièrement cela. Quant à l'accusation que le féminisme mène à un nouveaux sexisme, c'est là la méthode classique des oppresseurs qui inversent les rôles pour mieux perpétuer leur domination. De tels propos font effectivement de vous un individu que l'ont peut qualifier de réactionnaire.
31 01 2009
jean gabard :

Madame Céline Delforge,
je n’ai jamais prétendu tout connaître du féminisme mais je sais quand même que c’est un mouvement pluriel, complexe. N’étant pas comme vous le dites un spécialiste, je n’ai pas voulu étudier l’ensemble de ce mouvement, ni même les avancées qu’il a permis et que d’autres ont déjà largement et très bien traitées. C’est pourquoi j’ai voulu me limiter aux dérives qui commencent, il est vrai et c’est heureux, à être dévoilées. Ayant été féministe bien avant vous, l’ayant été certainement plus longtemps que vous, et ayant pris un peu de recul, mon point de vue est-il moins objectif que le vôtre qui semblait prise dans le combat ?
Si vous prétendez avoir déjà fait toutes les critiques possibles, pourquoi êtes-vous si scandalisée par celles que j’apporte ? Pensez-vous que les féministes sont les seul(e)s à pouvoir en faire ?
Vous semblez ne pas concevoir que l’on puisse avoir une autre idée de l’égalité ou plus exactement que l’on puisse opposer l’égalité en droits que je défends au droit à l’égalité dont vous rêvez et dont on est, heureusement, encore très loin. Pour ma part, c’est justement parce que je n’ai aucune affinité avec les mouvements réactionnaires que je ne tiens pas à revenir à une unité quelconque, qu’elle soit de race, de classe ou de sexe ! Si c’est être progressiste que d’espérer cette confusion, le progrès que vous souhaitez risque de ne pas beaucoup nous faire avancer !
Le fait qu’il y ait tant à faire pour lutter contre les injustices dont sont victimes les femmes ne vous permet pas de vous classer dans « l’axe du bien » qui aurait tous les droits sur « l’axe du mal ». Je ne vous savez pas aussi proche du manichéisme de G.W. Bush ! Votre militantisme ne vous autorise pas, nous ne sommes pas en guerre, à ne voir dans toute personne qui ne pense pas comme vous, qu’un dangereux ennemi à abattre. Si « le féminisme n’a jamais tué personne » ne risquez-vous pas, de cette façon, d’en faire une machine de guerre, un nouvel intégrisme ?
Vous paraissez choquée par le terme de dérive, pourtant la première dérive n’est-elle pas de ne plus arriver à concevoir que vous puissiez vous-même dériver ? Votre vision du monde ne s’est-elle pas rétrécie en devenant une idéologie ?
Votre combat pour les femmes, par exemple, ne vous amène-t-il pas à nier que certain(e)s féministes considèrent tout homme qui n’a pas développé sa féminité, comme un être incomplet ou « malade » ? Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Elisabeth Badinter qui n’est pas pourtant pas une extrémiste ! Comment ne pas reconnaître que ce jugement ressemble étrangement à celui des machos qui infériorisent toute personne ne se comportant pas comme un mâle ? De la même façon que les machos ayant des difficultés à gérer la différence des sexes, ont préféré éliminer la différence féminine en la qualifiant d’inférieure, vous déniez la différence masculine tout en affirmant qu’hommes et femmes doivent s’aligner sur ce qui devient une norme : la féminité ! Ce féministe, en ne parlant pas d’infériorité, mais simplement de retard ou de mauvaise éducation parait, certes, plus soft, plus « féminin », mais la différence n’est-elle pas uniquement dans l’emballage ?
Méthode des oppresseurs ? J’ai toujours dénoncé l’oppression et le sexisme, je les dénonce encore, qu’ils viennent des hommes ou des femmes. Malheureusement s’il y a égalité entre les hommes et les femmes, c’est bien dans cette capacité à ne pas respecter l’autre différent.
Alors que votre conception de l’égalité vous amène à condamner toute différence, ne pensez-vous pas qu’il y a déjà assez d’injustices sur cette terre pour qu’il y ait besoin d’en rajouter ?

Ne serait-il pas temps de sortir de cette guerre stérile et d’essayer d’accepter l’autre différent ? … sans tomber dans l’indifférence !

Jean GABARD
blogdejeangabard.hautefor...
www.jeangabard.com
jean.gabard@gmail.com

31 01 2009
Hermil LeBel :

Le propre de toute idéologie est de museler toute critique à son endroit et de n'apercevoir le monde qu'à travers des images déformées et des concepts parfois fort éloignés de la réalité sociale. La valse des fausses statistiques concernant la violence conjugale illustre ce triste constat. à
Voir à ce propos lapresrupture.qc.ca/reche...

Élisabeth Badinter, une féministe à la longue feuille de route, nous a prévenu que le féminisme intégriste actuel, du moins tel que pratiqué religieusement dans tout l'occident, fait « fausse route ». Le test de l'égalité passe par celui de la réciprocité. Au Québec, que certains s'amusent à qualifier de Féministan, 97% des payeurs de pension alimentaire pour enfant sont des hommes. Plus de 80% des dossiers de garde d'enfant suivant une rupture conjugale sont confiés à la mère. Le taux de suicide des hommes est de 3 à 4 fois plus élevé que chez les femmes. Le cancer de la prostate est sous financé par rapport au cancer du sein et le décrochage scolaire des garçons banalisé. La liste est sans fin. Est-ce bien cette "égalité" que convoitent les féministes radicales?

Les hommes sont les nouveaux juifs de cette idéologie totalitaire. Point n’est besoin de construire d’onéreuses et polluantes chambre à gaz comme le suggère Valérie Solanas dans son brulot intitulé « The SCUM manifesto » puisque le taux alarmant de suicide parmi les hommes rend l’exercice inutile. Vous noterez en passant que ce texte haineux et profondément sexiste est encore aujourd’hui l’objet de savantes exégèses dans toutes les facultés de sciences sociales qui disposent d’un centre d’étude féministe.

Voici d’ailleurs le bilan d’un colloque récent ayant pour thème « Le suicide des hommes : le bon côté des choses »

Le bilan global des constats est très positif :

1- Au cour des dix dernières années, le suicide de 10 000 hommes a permis de libérer environ 9 000 emplois occupés aujourd’hui par des femmes, contribuant à atténuer la discrimination dont elles sont victimes.

2- Comme 9 000 de ces 10 000 suicidés étaient violents, le suicide des hommes contribue également à réduire sensiblement la violence faite aux femmes.

3- Comme la moitié des 10 000 suicidés vivaient en couple au moment du suicide, les actifs, RÉER, maisons et autres biens ont échus entre les mains des femmes, contribuant à diminuer la pauvreté dont elles sont victimes.

4- On évalue à environ 1 500 sur 10 000 de nombres de suicidés ayant un cancer ; l’argent ainsi économisé dans le traitement des hommes pourra être réinvesti dans la recherche pour le cancer du sein.

5- Plusieurs suicidés ayant moins de 20 ans, le suicide des hommes contribue également à réduire la vitesse excessive et les comportements délinquants qui font des milliers de victimes chez les femmes à chaque année.

Les groupes de masculinistes haineux cherchent à noircir malicieusement la situation du suicide chez les hommes au Québec. C’est assez ! Ce colloque démontre que le suicide des hommes peut contribuer à améliorer le sort des nombreuses femmes victimes de la discrimination et de la violence d’un système qui, encore aujourd’hui, avantage toujours les hommes.

Le Collectif des tables de concertation des regroupements des féministes du Québec.

Les actes du colloque seront bientôt disponibles sur le site du MSSSS ou en librairie, dans la section Publications du Québec.

Fausse route ? Il n’est plus permis d’en douter

27 11 2009
Jean Culasek :

@ Jean Gabart :

Le texte ci-dessus est tout simplement illisible.

On dirait un tribun (de la fin du XIXème) sans tribune.

Mais il a eu le mérite de faire revenir à la surface une citation d'un professeur de littérature que j'ai beaucoup aimé : "Evitez de faire une diarrhée de mots sur une constipation d'idées"

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