mar 5 aoû 2008
STIB : une période de vaches maigres en vue ?
05 08 2008
A la suite du refus du montage de CITEO par Eurostat, la STIB a annoncé une série de mesures d’économie visant à combler le trou financier ; des achats, des recrutements et des travaux seront postposés. Quel est le détail de ces mesures et, surtout, quelles conséquences pour le service et les travailleurs de la STIB? Une question d’actualité à Pascal Smet posée en séance plénière du 18 juillet 2008
M. le ministre, ce n'était un secret pour personne, il fallait trouver des sous et même beaucoup de millions d'euros, à la suite du recalage de CITEO par Eurostat. Dans la presse, nous avons pu lire que c'était chose faite, d'une part, au moyen de la mise en emphytéose du nouveau siège social de la STIB et, de l'autre, grâce à des économies réalisées dans les frais de fonctionnement.
J'aimerais bien savoir lesquelles, étant donné que c'est souvent du point de vue des frais de fonctionnement que le budget est le plus serré. Des économies sont également réalisées dans l'achat de certains véhicules. Apparemment, il ne s'agit pas uniquement des véhicules au gaz dont nous avions déjà eu l'occasion de parler. De même, nous aimerions savoir quels sont les recrutements qui vont être annulés ou reportés. Certains travaux sont aussi concernés.
M. le ministre, j'aimerais bien connaître le détail des projets qui sont rabotés ou annulés. Pourriez-vous aussi nous expliquer en quoi le service offert par la STIB aux usagers ainsi que le travail des employés de la STIB n'en seront pas affectés ?
(…)
M. le président.- La parole est à M. Smet.
M. Pascal Smet, ministre.- Quand Eurostat a fait savoir que l'opération CITEO n'allait pas être validée, je n'ai pas paniqué. Nous avons toujours dit que nous savions que nous avions 50% de chances que ce soit accepté. Quand nous avions rédigé les plans d'investissements, nous avions tenu compte de la possibilité qu'Eurostat ne valide pas cette opération. Les règles européennes sont devenues entre-temps un peu plus sévères.
Je vais vous rassurer : les mesures que nous avons prises n'handicapent pas la STIB, ni en termes de quantité, ni en termes de qualité. Le gouvernement a approuvé hier la proposition que j'ai élaborée avec la STIB, afin de permettre à celle-ci d'atteindre l'objectif budgétaire que le gouvernement lui avait fixé pour 2008, à savoir un bonus en termes SEC 95 de 123.200.000 euros.
Pour atteindre cet objectif, la STIB devait combler une impasse budgétaire de 153.600.000 euros. La STIB va pour ce faire augmenter ses recettes par le biais d'une opération ponctuelle d'environ 95.000.000 euros et diminuer ses dépenses 2008 de 58.000.000 euros.
L'augmentation des recettes se fera effectivement par l'aliénation d'un droit réel, probablement une emphytéose sur le siège social qu'elle a acquis rue Royale. Ce siège social n'est pas essentiel pour l'exploitation du réseau. De plus, c'est un droit réel que nous allons aliéner et non la propriété.
La réduction des dépenses se répartit sur différents postes. Ces économies portent d'une part sur les crédits de fonctionnement. Quand une administration prévoit d'engager du personnel, il y a toujours un peu de retard qui est pris. La même chose se passe à la STIB et cela permettra à celle-ci de ne pas dépenser la totalité du crédit de personnel prévu en 2008. Nous n'allons pas pour autant annuler les recrutements. C'est un phénomène naturel.
La STIB va également économiser sur d'autres crédits de fonctionnement, et va aussi jouer sur les investissements. Il est vrai que les investissements pour les bus au gaz ne se feront pas cette année, mais d'autres bus sont déjà opérationnels sur le réseau. Les bus au gaz arriveront en 2009, ou plus tard. Il s'agit d'un supplément, qui n'est pas indispensable à l'exploitation.
Deux chantiers de renouvellement des rails prévus en 2008, à Carsoel et à Orban-Madoux, seront reportés en 2009. Ces deux ou trois mois de retard ne poseront pas de problèmes. Le contrôle d'accès aux stations, certains travaux dans les espaces commerciaux et la centralisation des ateliers sont également retardés. Enfin, certains paiements seront reportés en 2009.
Comme vous pouvez le voir, les économies ainsi réalisées sont en partie naturelles, comme pour le recrutement, et en partie forcées, comme pour le report, mais pas l'annulation, du contrôle d'accès aux stations. Aucune de ces mesures n'affectera le service aux clients de la STIB, ni en qualité, ni en quantité. Aucun grand projet n'est supprimé, aucun chantier ne sera arrêté, les commandes de nouveaux trams et autres matériels roulants sont poursuivies.
Malgré ces mesures, le budget d'investissement de la STIB atteint toujours près de 270.000.000 euros. Je pense que c'est plus que lors des dix années de présence du MR au gouvernement.
M. le président.- La parole est à Mme Delforge.
Mme Céline Delforge.- Je remercie le ministre d'avoir éclairci certains points. S'il s'agit de retarder les travaux de deux ou de trois mois, votre réponse est plutôt rassurante. Là où vous n'avez pas été très clair, c'est concernant le retard dans la commande des bus articulés.
M. Pascal Smet, ministre.- C'est très clair : ils ont été commandés et nous les paierons en 2009.
Mme Céline Delforge.- Mais arriveront-ils au moment prévu initialement ? En effet, l'état des bus articulés actuels est relativement inquiétant : ils sont déglingués, cabossés et ils sentent la vieille fricadelle...
M. Pascal Smet, ministre.- Vous exagérez un peu...
Mme Céline Delforge.- Je prends un bus articulé tous les jours et je puis vous le confirmer. Je ne vous ai jamais interpellé à ce sujet.
M. Pascal Smet, ministre.- Si je vous comprends bien, les bus articulés sont assimilables à de vieux camions... Il ne faut pas exagérer !
Mme Céline Delforge.- J'avais décidé de ne pas vous interpeller alors que des bouts de métal pendent dans ces bus... Comme je sais que les nouveaux bus vont arriver, je ne m'inquiétais pas.
Vous me confirmez donc qu'ils seront bientôt mis en circulation ? Certains articles dans la presse laissent planer un certain doute.
M. Pascal Smet, ministre.- Je vous confirme que le paiement sera effectué en 2009.
(s'adressant au public)
Quant à la presse, elle n'a pas toujours raison, n'est-ce pas Mmes et MM. les journalistes ?