mar 18 mar 2008

Politique de mobilité: qui décide?

18 03 2008

Le Directeur général de la STIB, André Flausch, a fait des déclarations à la presse qui semblent remettre en cause les politiques régionales en matière de mobilité, et singulièrement le réseau de nuit Noctis qu’il a d’ailleurs régulièrement pris pour cible. Une question d’actualité à Pascal Smet en séance plénière du vendredi 21 décembre 2007

Mme Céline Delforge.- Monsieur le ministre, au cours de cette législature, vous nous avez déclaré à plusieurs reprises: "C'est le gouvernement, et non la STIB, qui détermine la politique de mobilité. La STIB est un opérateur qui exécute ce que le gouvernement décide". C'est bien dit, Monsieur le ministre !

Malheureusement, la presse de cette semaine nous a informés de la tenue d'une conférence, organisée par des professionnels du marketing, au cours de laquelle M. Flausch a été invité à présenter la nouvelle campagne d'image de la STIB. En soi, cela ne mange évidemment pas de pain !

Toutefois, il faut bien remarquer que M. Flausch a largement débordé du cadre d'une campagne d'image, puisqu'il a tenu plusieurs propos se rapportant à la politique de mobilité.

Or, il me semble que c'est au gouvernement de se prononcer à ce sujet. Selon lui, "la voiture est une solution vers les banlieues". En ces jours de pic de pollution, c'est une déclaration très judicieuse de sa part ! De même, M. Flausch affirme que Noctis n'est pas sonsouhait prioritaire. Il aurait préféré, pour 3,5 millions d'euros, élargir l'offre en pré-soirée. Je rappelle qu'un investissement de 40 millions d'euros est nécessaire pour les portiques de contrôle, ce qui équivaut à dix ans de fonctionnement de Noctis.

Par ailleurs, M. Flausch insiste sur les investissements qui devraient être réalisés d'urgence dans le réseau souterrain.

Bref, je commence à m'inquiéter, Monsieur le ministre. Soit, vous me confirmez que les déclarations de M. Flausch reflètent la position du gouvernement, et dans ce cas, je m'empresserai d'exprimer mon inquiétude auprès de celui-ci. Soit, c'est le contraire et cela pose de toute évidence un problème. Comment pouvez-vous en effet mener une politique de mobilité en contradiction avec la volonté du directeur de la société de transports en commun, qui est l'un des opérateurs-clefs de cette politique ?

Ce n'est pas la première fois que M. Flausch s'oppose à des décisions du gouvernement et évoque des pistes qui ne relèvent manifestement pas de sa compétence. Il est donc permis de supposer que des bâtons sont mis dans les roues du gouvernement.

M. le président.- Mme Delforge, vous ne laissez pas beaucoup de temps au gouvernement pour répondre.

La parole est à M. Smet.

M. Pascal Smet, ministre.- Pour être franc, je n'ai pas été choqué en lisant l'interview de M. Flausch. Seule la phrase présentant la voiture comme une solution vers la banlieue m'a dérangé. Ce n'est, en effet, qu'une solution parmi d'autres. Ceci dit, je connais bien le raisonnement de M. Flausch, et je ne m'en inquiète pas. Il n'a aucun problème à exécuter la politique du gouvernement.

D'ailleurs, s'il y avait un problème, il ne serait plus directeur général. Et cela ne vaut pas seulement pour M. Flausch, mais aussi pour tous les directeurs généraux de tous les parastataux. Lorsqu'une politique régionale - qu'elle soit du logement, de mobilité ou d'environnement - n'est pas suivie par un responsable, c'est qu'il n'est pas à sa place. C'est aussi simple que cela !

Ensuite, je sais que M. Flausch partage la politiquedu gouvernement, même s'il existe des nuances de points de vue. En soi, ce n'est pas grave. Par ailleurs, je connais les circonstances dans lesquelles l'interview a été publiée. J'ai bien compris qu'il n'avait pas la volonté de se lancer dans de grandes déclarations inutiles. J'estime donc qu'il ne faut pas dramatiser.

Par ailleurs, il a raison d'estimer que les transports en commun ne peuvent pas répondre à tous les besoins des usagers. Le vélo, la marche, parfois la voiture, et le RER lorsqu'il sera sur les rails, peuvent aussi y répondre. Il ne faut donc pas exagérer, mais une retenue s'impose lorsque l'on exerce des fonctions de directeur général.

M. le président.- La parole est à Mme Delforge.

Mme Céline Delforge.- Concernant Noctis, il a tout de même fait preuve d'un manque de retenue à répétition. Nous allons suivre de près les efforts fournis par la STIB pour que ce dispositif fonctionne.

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