mar 18 mar 2008
Augmentation du prix des tickets achetés dans les véhicules
18 03 2008Les tarifs des tickets achetés dans les trams et les bus ont été sensiblement augmentés sous prétexte de favoriser la vitesse commerciale. Une telle mesure, discriminante pour les usagers, notamment automobilistes, occasionnels est-elle compatible avec l’objectif d’en faire des usagers réguliers ? Une question d’actualité à Pascal Smet en séance plénière du vendredi 8 décembre 2006
Mme Céline Delforge.- La STIB a annoncé qu'à partir du 1er février les personnes qui achèteraient leur ticket de transport dans les trams et les bus devraient payer deux euros à la place d'un euro cinquante. La raison avancée par la STIB est de favoriser la vitesse commerciale des bus et des trams en évitant la perte de temps liée à cet achat.
Les personnes les plus susceptibles de se retrouver dans cette situation sont les usagers occasionnels de la STIB, donc de potentiels clients réguliers. Les personnes n'habitant pas à proximité d'un point de vente alternatif, qui ne sont pas légion quand on s'éloigne du centre ville, se retrouveront également dans cette situation.
Quelles seront les dispositions mises en oeuvre pour qu'il n'y ait pas de discrimination entre les personnes qui ont la chance d'habiter à proximité d'un point de vente alternatif - une station de métro, un libraire, ... - et celles qui habitent dans un endroit moins bien desservi ?
De plus, les endroits où il y a le moins de possibilités d'acheter son ticket de transport ailleurs que dans le bus ou dans le tram, sont justement les endroits les moins bien desservis et les plus excentrés. Deux euros à l'aller et deux euros au retour, cela fait quatre euros. A ce prix-là, l'intérêt économique des transports en commun commence à s'estomper.
Quelles mesures seront prises pour éviter ces discriminations ? Comment pensez-vous encourager les automobilistes à prendre les transports en commun, ce qui correspond à la politique régionale, tout en pratiquant une politique tarifaire qui va plutôt décourager les utilisateurs occasionnels de la STIB ?
M. Pascal Smet, ministre.- Je rappelle avant tout qu'un client de la STIB sur deux utilise le métro et que le réseau sous-terrain est équipé d'appareils automatiques. Ensuite, il existe 410 points de vente, dont 320 en dehors du réseau de la STIB. Ils sont accessibles dans les librairies, les grandes surfaces et les gares. Ce réseau sera encore élargi dans les mois qui viennent.
En outre, à partir de septembre 2007, septante automates de vente seront installés dans le réseau de surface, en complément des automates du réseau sous-terrain. C'est une innovation.
Pourquoi cette initiative ? Parce que tout le monde s'accorde à dire que la vitesse commerciale est entravée par les gens qui achètent leur ticket à bord du bus ou du tram. Ils se présentent souvent avec des billets de 20 ou 50 euros. C'est un élément contreproductif pour la vitesse commerciale et cela nuit, dans une moindre mesure, à la sécurité des chauffeurs.
C'est la raison pour laquelle nous avons introduit une différence de prix entre le ticket acheté à la prévente, qui sera vendu 1,5 euro, et celui qui sera vendu à bord du véhicule, dont le prix sera fixé à 2 euros.
Cette différence de 50 centimes est censée être suffisamment dissuasive. En Flandre, l'expérience a démontré que cela n'entraîne aucun problème en termes de mobilité et que les gens s'adaptent assez rapidement. Nous estimons donc qu'il s'agit d'une mesure positive.
Les clients occasionnels empruntent principalement le tram ou le métro. Pour les gens effectuant un trajet plus long, il est préférable d'acheter des tickets de cinq ou dix voyages.
Cela revient nettement moins cher que l'achat d'un ticket à usage individuel.
M. le président.- La parole est à Mme Delforge.
Mme Céline Delforge.- Je suis très préoccupée par la vitesse commerciale et je me demande pourquoi il ne serait pas préférable de procéder à une évaluation du système de montée à l'avant. Il fait perdre énormément de temps à chaque arrêt, puisque les gens doivent sortir leur abonnement ou pointer leur carte.
D'autre part, vous dites que de nombreuses librairies faibles bénéfices qu'ils en tirent, de nombreux libraires réservent ce service à leurs clients fidèles. Il est souvent vain de se présenter dans une librairie pour demander une carte de la STIB !
Enfin, les gens habitant les quartiers les moins bien desservis, donc les plus excentrés, seront les plus pénalisés. Je suggère de leur permettre d'acheter une carte de cinq ou dix voyages à bord du tram ou du bus. Ils ne feront perdre qu'une seule fois du temps au chauffeur, au lieu de cinq ou dix fois. Il s'agit bien d'un problème d'accessibilité. Je répète que 4 euros pour un aller-retour en bus ou en métro devient très cher.
M. Pascal Smet, ministre.- Non, puisque les 4 euros pour un aller-retour en bus ne concernent que les gens qui achèteront deux fois un ticket à bord d'un bus ou d'un tram, alors que la grande majorité des voyageurs se contentent d'en acheter qu'un à bord. De plus, vous savez qu'à partir de l'année prochaine, nous introduirons un nouveau système de "ticketing". Grâce à des cartes à puce, il permettra d'acheter plus facilement son ticket, sans devoir pointer et en passant simplement devant un lecteur, jusqu'à une distance de 40 ou 50 centimètres. Ainsi, toutes ces pertes de temps diminueront.
Nous prendrons encore diverses autres mesures pour favoriser la vitesse commerciale, mais l'ensemble du gouvernement a apprécié cette mesure en particulier.
Mme Céline Delforge.- Je reste sceptique