mar 18 mar 2008
Forte tension sociale entre les régulateurs et la direction de la STIB
18 03 2008La tension sociale entre les régulateurs de la STIB et leur direction est forte ; nouvelle grille horaire inadaptée, sous-effectif, menaces de licenciements… Une situation grave qui a débouché sur un préavis de grève. Une question à Pascal Smet en séance plénière du vendredi 22 décembre 2006.
Mme Céline Delforge.- La presse rapporte l'existence de tensions entre les régulateurs de la STIB et la direction, à la suite de changements dans les roulements de leurs horaires. La question de la légalité d'un préavis de grève déposé sans l'aval des permanents syndicaux a été posée, mais je ne vais pas m'attarder sur ce volet de la question. En revanche, j'entends que les régulateurs sont en sous-effectif et qu'ils ont régulièrement des "congés travaillants", qu'ils ne peuvent pas récupérer.
Ce n'est pas la première fois que surgit un problème entre la direction et ces travailleurs de la STIB, qui se plaignent de ne pas être écoutés. La direction se contente de dire que si quelqu'un fait grève, ce sera considéré comme une faute grave pouvant déboucher sur un C4. Cela ne me semble pas constituer une réponse au problème, surtout que la STIB ne dispose que de deux voitures de patrouille pour tout Bruxelles pour les régulateurs. Ces gens, en sous-effectif, travaillent donc en fonction d'horaires peu évidents, qui ont déjà été soumis à modification. Ils n'ont pas souvent droit à leurs congés.
Le changement d'horaires est un test. Mais je sais qu'à la STIB, ce terme renvoie généralement à quelque chose de définitif. Les régulateurs ne sont pas des gens qui partent en grève pour un oui ou pour un non. Il y a donc réellement un souci et je trouve regrettable que la STIB menace les mécontents d'un licenciement.
M. le président.- La parole est à M. Smet, ministre.
M. Pascal Smet, ministre.- Dans un souci de mieux adapter les heures de prestation des régulateurs du dispatching bus aux besoins du réseau, de nouveaux horaires entreront en vigueur le 1er janvier 2007. Ceux-ci ont fait l'objet d'une large concertation avec tous les acteurs concernés.
Depuis 2006, la direction bus a ainsi entamé un processus de consultation individuel et collectif avec les régulateurs, afin de déterminer ensemble la meilleure solution possible. Les syndicats ont, bien entendu, également été associés à ce processus. Ces consultations ont conduit à la signature, le 4 décembre dernier, d'un protocole d'accord sur les nouveaux services du roulement du personnel au sein de la gestion opérationnelle bus, pour une période d'essai de six mois. Ce protocole prévoit, par ailleurs, des réunions d'évaluation toutes les six semaines avec les représentants locaux du personnel en vue d'éventuelles adaptations.
De surcroît, des réunions d'évaluation avec les responsables des organisations syndicales sont programmées après trois mois d'essai et un mois avant la fin de la période de test. A l'issue du test, et à la condition d'une évaluation concluante, ces propositions seront présentées au conseil d'entreprise et inclues dans les annexes du règlement du travail.
Chaque régulateur a été informé individuellement de la signature et du contenu du protocole d'accord. Concernant la grève avortée, la direction bus a reçu le 18 décembre une lettre recommandée non signée, donc juridiquement non recevable, annonçant le dépôt d'un préavis de grève pour le 21 décembre.
Les syndicats ont honoré leur signature du protocole et ont décidé de ne pas reconnaître ce préavis. Il faut aussi noter que le 21 décembre, aucun membre du personnel n'a arrêté le travail. Un groupe de quatre régulateurs en congé ou effectuant des prestations en soirée s'est retrouvé à l'entrée de l'entreprise.
Leur tentative de rallier d'autres membres du personnel à leur cause a échoué. Néanmoins, la direction bus est déterminée à tout mettre en oeuvre, dès la rentrée de janvier, pour restaurer un climat de confiance avec tous les membres de ce service. Aucune sanction n'est prévue, puisqu'il n'y a pas eu d'arrêt de travail.
Pour conclure, je voudrais souligner que si quelques employés de la STIB se disent mécontents d'une réglementation, cela ne signifie pas que toute la STIB brûle !
M. le président.- La parole est à Mme Delforge. Mme Céline Delforge.- On entend régulièrement dire qu'il s'agit de trois "enquiquineurs" à la STIB.
Cependant, cela se passe chaque fois dans des services différents. Il y a un nombre hallucinant d"'enquiquineurs" à la STIB. C'est vraiment fou.
M. Pascal Smet, ministre.- Il y en a quelques-uns, oui.
Mme Céline Delforge.- J'entends que l'on est en sous-effectif pour ce genre de service et qu'il convient de procéder à des adaptations qui ne vont pas satisfaire tout le monde. Il existe parfois un fossé entre les représentants syndicaux et la base, entre les délégués de base et les permanents : ce n'est pas la première fois que j'entends ce constat à la STIB.
Ma question concerne le sous-effectif. Je serais amusée d'entendre les réactions des collègues si la moitié de ce parlement était obligée de renoncer à ses congés pour travailler.
M. Pascal Smet, ministre.- Nous, les ministres, nous le faisons régulièrement.
Mme Céline Delforge.- J'ai parlé du parlement. Franchement, quel est l'intérêt, si le personnel est suffisant, de modifier les roulements ?
M. Pascal Smet, ministre.- Je veux bien, Mme Delforge, expliquer beaucoup de choses et répondre à toutes les questions. Je n'ai aucun problème à ce sujet. Toutefois, ce n'est pas parce que deux ou trois personnes ne sont pas d'accord avec leurs représentants, alors qu'une grande majorité de leurs collègues le sont, qu'il faut revoir les choses. Dans une démocratie, même au sein d'une entreprise, les gens doivent comprendre qu'il convient de suivre les procédures et de ne pas poser d'actes anonymes qui mettent en difficulté un grand nombre de voyageurs. Je suis las de ce genre de situation qui ne témoigne pas d'un grand sens des responsabilités.