mar 18 mar 2008

Les «horaires d’été» à la STIB en question

18 03 2008

Tandis que la période estivale, du fait d’une bien moindre circulation automobile, pourrait permettre aux transports en commun de démontrer toute leur utilité, ces derniers sont au contraire raboté du fait de l’importante diminution des fréquences, « horaires d’été oblige ». Une politique contradictoire avec la déclaration gouvernementale qui affirme vouloir améliorer l’offre des transports en commun. Ce sujet est-il abordé dans le futur contrat de gestion entre la Région et la STIB ? Une question orale à Pascal Smet en commission de l’infrastructure du mercredi 15 novembre 2006

Mme Céline Delforge.- La déclaration gouvernementale fait de l'amélioration de l'offre de transports en commun une de ses priorités en matière de mobilité. Par ailleurs, un des soucis principaux de la STIB réside dans la vitesse commerciale et la régularité de ses lignes de surface, pour les trams et les bus.

Pourtant, alors que les périodes de vacances scolaires, en particulier celles d'été, offrent des conditions de circulation nettement améliorées pour les transports en commun de surface, puisque les embouteillages sont quasi inexistants, les problèmes d'irrégularité et de surcharge des bus sont tout aussi aigus que le reste de l'année, et parfois même pires. Cette situation est liée au fait que la diminution des fréquences des transports en commun de surface, en tout cas aux heures de pointe, est beaucoup trop importante par rapport à la diminution du nombre de voyageurs.

Si l'absence des écoliers et des travailleurs en congé réduit en effet la demande de transport, il faut déplorer que l'offre de la STIB se trouve diminuée bien au-delà de la réduction du nombre de voyageurs. Par ailleurs, si le monde scolaire est en congé durant toute l'étendue des horaires d'été, il n'en va pas de même pour les travailleurs qui sont toujours tenus par des horaires aussi contraignants que le reste de l'année. Cela signifie que les personnes qui travaillent à un moment de l'été et qui prennent les transports en commun se voient offrir un service dégradé, ce qui leur laisse le choix, selon qu'elles font partie ou non du public captif de la STIB, entre un allongement de leur temps de parcours ou le recours à la voiture. Ce sont donc les personnes non motorisées qui payent le plus cher cette dégradation de l'offre, ce qui est un très mauvais signal.

Cette situation est d'autant plus dangereuse que l'année va de nouveau recourir à sa voiture, étant donné de moindres embouteillages et problèmes de parking et un service de transport en commun dégradé. Se présente alors le risque qu'en septembre ces personnes ne reprennent plus les transports publics.

Enfin, l'été est également synonyme de tourisme et nous savons que de nombreux touristes utilisent à Bruxelles, comme dans d'autres grandes villes, principalement les transports en commun pour se déplacer. La forte perte d'efficacité de nos trams et bus en cette période est dommageable pour l'image de notre Région.

Alors que la vitesse commerciale est une des priorités de la politique de mobilité de notre Région, la période de vacances, qui se caractérise par peu de voitures et peu d'embouteillages, serait idéale pour prouver que, dès que les bus ne sont plus englués dans les embouteillages, ils gagnent en efficacité et en régularité, ce à moindre coût.

Malheureusement, un bus bondé, avec la montée à l'avant, va prendre du retard et l'augmenter à chaque arrêt.

Cette situation digne des années du tout à l'automobile, où l'on dégradait fortement les services de transport en commun, semble fort peu compatible avec la politique dynamique de notre Région en matière de mobilité.

La question des horaires d'été a-t-elle déjà été évoquée avec la STIB en vue d'améliorer la situation ? Dans le contrat de gestion actuellement en négociation, cette question est-elle abordée ? Avez-vous déjà évoqué la question des horaires d'été avec la STIB afin d'améliorer la situation ? Le contrat de gestion en cours de négociation avec la STIB aborde-t-il ce problème ?

M. le président.- La parole est à M. Smet.

M. Pascal Smet, ministre.- Ce problème a effectivement été abordé avec la STIB. Afin d'améliorer la situation, et tout en respectant le cadre du contrat de gestion actuel, la STIB a inclus un horaire "blanc" relatif aux vacances scolaires. Par ailleurs, le prochain contrat de gestion prévoit de remédier au problème en renforçant les offres de transport en commun en période d'été.

Le gouvernement débattra de ces questions au cours des prochains jours. Je souhaite seulement que nous puissions disposer des fonds suffisants pour concrétiser ces différents projets.

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