mar 18 mar 2008

Convertir des lignes des bus en trams; quels avantages?

18 03 2008

La STIB ou le ministre en charge de la mobilité ont évoqué à plusieurs reprises la possibilité de convertir des lignes de bus en lignes de trams, notamment pour le bus 71 fréquemment surchargé. S’agit-ils de mesures isolées ou d’une politique plus générale ? Quels sont les coûts comparatifs entre les lignes de trams et de bus? Une question orale à Pascal Smet en commission infrastructure du 1er février 2006

Mme Céline Delforge.- Il y a quelques semaines, vous déclariez dans la presse que vous aviez lancé une étude qui viserait à alléger la charge trop lourde de voyageurs sur la ligne de bus 71. Le but serait de créer une ligne de tram reliant la Porte de Namur à la place Flagey, en passant par l'avenue de la Couronne.

En effet, la ligne 71 étant actuellement surchargée, on pourrait trouver logique d'installer un tram de délestage. Rappelons qu'un tram a une plus grande capacité que le bus, sa mise en site propre est aisée, ce qui offre une meilleure régularité. Par ailleurs, les nouveaux modèles de tram, plus silencieux, permettent de limiter les nuisances sonores. Dans le document 'STIB 2020' reçu en début de législature, qui propose des visuels et des projets à long terme, on constate plusieurs implantations de lignes de tram sur des voiries bruxelloises importantes, qui disposent en général d'une ligne de bus assez fréquentée.

Où en est l'étude relative à la ligne qui relierait la Porte de Namur à la place Flagey, que vous avez évoquée dans la presse ?

Cette mesure est-elle envisagée isolément ou fait-elle partie d'une politique à moyen terme que vous étudiez ?

Disposez-vous d'une évaluation de la différence de coût entre le tram et le bus, qui tienne compte des surcoûts liés à l'engluement des bus dans la circulation automobile, ainsi que du gain éventuel et plus que probable de vitesse commerciale ainsi que de voyageurs d'un tram en site propre par rapport à un bus ?

M. le président.- La parole est à M. Smet.

M. Pascal Smet, ministre.- L'étude est en cours. Toutes les simulations du Plan Iris sont testées, ainsi que la tramification de la ligne 71 et de la ligne 95, qui permettrait de réaliser une boucle entre les deux lignes.

Cette mesure est globale, l'idée étant de tramifier lorsque le nombre de clients le permet.

Quelques exemples actuellement en cours : - le prolongement de la ligne 94 jusqu'à la station de métro Herrmann-Debroux en première phase et jusqu'à Roodebeek en deuxième phase ; - le prolongement de la ligne 56 pour desservir le quartier Marius Renard, en exploitation début 2007 ; - le prolongement de la ligne 55 jusqu'aux confins de la Région. Nous avons finalement abouti à un accord avec le CPAS d'Uccle. L'exploitation est prévue fin 2006 ; - la desserte du haut de Jette est actuellement à l'étude ; - la tramification de la ligne de bus 49 de Bosckstael à Anderlecht va également être examinée.

D'autres projets sont en cours dans la préparation de nouveaux contrats de gestion de la STIB.

Nous devons prévoir un nouveau plan d'investissement.

En ce qui concerne l'évaluation des prix, il est vrai que le tram coûte en valeur absolue plus cher que le bus, tant à l'investissement qu'à l'exploitation.

Toutefois, le coût par place au km ou par voyageur transporté est moindre pour le tram que pour le bus, pour autant que l'on exploite des lignes de tram sur des axes où la demande de transport se justifie, c'est-à-dire qu'elle est plus importante que celle d'une ligne de bus.

Dans l'hypothèse d'une ligne du réseau d'une longueur d'axe de dix kilomètres, exploitée uniquement en semaine de 5h à 1h du matin, et roulant aux fréquences IRIS (6/10/20 minutes), le gain sur les coûts d'exploitation de la STIB résultant du développement d'un site propre qui permet de porter la vitesse commerciale de 17 km/h à 20 km/h, est estimé à environ 170.000 euros par an pour un tram de type T3000 et à environ 160.000 euros par an pour un bus de type standard.

Outre l'économie sur les coûts d'exploitation, il convient de mentionner un gain de deux véhicules en ligne aux heures de pointe, ce qui représente une économie considérable étant donné le prix unitaire de ces véhicules.

M. le président.- La parole est à Mme Delforge.

Mme Céline Delforge.- En remerciant le ministre pour ses réponses, j'espère que la "tramification" continuera.

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