ven 14 mar 2008
Trop de pub pour les voitures sur le réseau STIB!
14 03 2008
La publicité automobile envahit l’espace public, y compris celui du réseau STIB, que ce soit dans ses ou sur les panneaux publicitaires des stations et des gares. Une incohérence dénoncée dans cette question orale à Pascal Smet en Commission de l'infrastructure et des communications du mercredi 7 février 2007
M. Pascal Smet, ministre.- Je trouve que Mme Delforge a droit au prix de la persévérance.
M. le président.- En effet, ce sujet a déjà été abordé à plusieurs reprises.
Mme Céline Delforge.- Pas de manière aussi précise. Mais je vous rassure, je reviendrai encore sur ce sujet.
M. le ministre, pendant le Salon de l'Auto, on a pu voir se multiplier des publicités pour voitures un peu partout, y compris dans les stations de métro et sur les abribus de la STIB. Notamment, à l'avenue de la Couronne, une voirie fort fréquentée par les voitures. La STIB paye en même temps une campagne vantant le métro et les nouveaux trams, avec le personnage du chat de Geluck. Cette campagne se trouve contrecarrée par des publicités pour des crédits auto avantageux ou, tout simplement, incitant les gens à acheter une voiture.
Il y a donc des panneaux incitant à prendre le métro et d'autres à acheter une voiture. Sans entrer dans le débat sur les méfaits des publicités pour voitures en général, leur présence au sein même du réseau de la STIB est choquante, puisque le public touché est précisément celui qui est susceptible de ne pas encore posséder de voiture.
M. le ministre, estimez-vous acceptable que le réseau de la STIB serve de support à de la publicité incitant les usagers des transports en commun à acheter une voiture, et à l'utiliser ? Des balises existent-elles quant au contenu des publicités acceptées sur le réseau de la STIB ou le gestionnaire des panneaux est-il totalement libre en la matière ?
M. le président.- La parole est à M. Smet.
M. Pascal Smet, ministre.- La commercialisation des espaces publicitaires dans l'infrastructure et sur les véhicules de la STIB est régie par une charte d'éthique publicitaire qui établit les règles à respecter entre la STIB et la société CCB.
L'accord stipule clairement que la STIB a le droit préalable de refuser souverainement un message publicitaire qu'elle n'estimerait pas souhaitable. Cette disposition est limitée à des messages non conformes aux dispositions légales ou réglementaires, aux critères d'éthique généralement admis dans la profession ou contraires aux intérêts de la STIB.
La publicité pour les voitures est-elle oui ou non de l'intérêt de la STIB ? La présence de la publicité en ville, véhiculée par les trams et les bus urbains, n'est pas dérangeante si elle n'est pas exagérée.
J'espère néanmoins qu'elle n'incite pas à acheter des voitures. La publicité apposée sur les véhicules de la STIB est plutôt orientée vers les piétons, automobilistes et cyclistes en ville. La politique de mobilité que nous menons, et que mène la STIB, n'est pas opposée à la voiture et la STIB est libre d'accepter de faire de la publicité pour les voitures.
Il faut savoir que la publicité est source de revenus pour la STIB, pour un montant légèrement supérieur à deux millions d'euros, soit 1,5% des recettes de trafic. Cet aspect n'est pas négligeable.
Même si la présence de publicité pour les voitures peut être choquante pour certains, ce que je comprends, elle n'est pas en contradiction avec les intérêts de la STIB.
Mme Céline Delforge.- Je suis un peu déçue par votre réponse. Si les publicitaires dépensent autant d'argent dans la publicité, c'est parce qu'elle a un impact. Des études montrent que ce sont les personnes les plus fragilisées qui sont les plus perméables aux messages de la publicité. Il faut un certain niveau socioculturel pour être capable de développer des arguments face à la publicité.
Les bénéfices de la publicité pour les voitures sont des bénéfices à très court terme. La publicité omniprésente pour les voitures véhicule une idéologie favorable à la voiture qui a de nombreuses implications à long terme. Cela pourrait faire l'objet d'un très long débat, que nous n'aurons pas le temps de mener ici.
M. Pascal Smet, ministre.- La STIB ne peut pas faire de publicité pour le 4x4.
Mme Céline Delforge.- C'est une maigre consolation. L'impact de la publicité est bien plus important que ce que vous semblez penser, si l'on en croit certaines études.